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Daewoo, par François Bon - deuxième volet

Daewoo, roman historique au pouvoir évocateur, donne la parole aux ouvriers (des femmes, pour la plupart), qui furent les vraies victimes de ce crime industriel.Se basant sur des documents de recherche, des entretiens avec certains ouvriers, Bon a créé une oeuvre qui met en lumière l’aspect humain et parfois tragique de ce drame. Comme il le décrit lui-même, “Si ces ouvrières n’ont plus de place nulle part, que ce roman soit leurs mémoires.”

Deuxième volet: Fameck, mai 2003 : l’attente du facteur, et Sylvia

Patrick Froehlich, extrait d'Avant tout ne pas nuire

— On ne va pas s’encombrer d’une anesthésie pour un geste aussi simple. On peut s’en dispenser dans un quart des opérations chez le bébé.

J’acquiesce. Mon visage, derrière le masque chirurgical efficace pour absorber les vapeurs alcooliques résiduelles de la nuit, mime celui de l’enfant qui ne se taira donc pas tant que l’opération n’est pas terminée.

— S’il avait quatre ans, on ne dit pas, mais à six mois ou trois mois.

J’acquiesce à l’autorité que je désapprouve. Les animaux de laboratoire sur lesquels je m’entraîne à opérer sont mieux traités.
Je contrôle le bas de mon visage, le front au-dessus du masque reste plissé.

— Et il ne pourra pas rapporter à ses parents, affirme l’enseignant qui a connu la guerre à Lyon, qui y a vécu enfant, pendant que Klaus Barbie sévissait.

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