Dixième lettre d’Israël

La vie de nos yeux : mon « journal de guerre » sur Facebook

Je vis à Tel Aviv, en Israël, où je travaille comme auteure et traductrice littéraire. En novembre 2012, j’ai connu la terreur d’imaginer que mon bébé puisse être blessé (ou pire) à cause d’une guerre que personne n’arrivait vraiment à comprendre. L’obsession de sa mort, qui, dans mon esprit, pouvait survenir à tout moment, m’a empêché d’écrire et de travailler. Les bombes pleuvaient. Il fallait sans cesse courir aux abris blindés. J’ai tenu un « journal de guerre » sur Facebook, que j’ai commenté pour produire un texte, qui a été publié en décembre 2012 par la revue Remue. Les extraits qui suivent présentent des interrogations, une grande détresse, et le désir de vivre dans un monde où l’on peut encore faire confiance aux mots et à la poésie.

Sabine Huynh

www.sabinehuynh.com

(Tel Aviv, 22/11/2012)


Pour nous qui vivons de plus en plus entourés de masques et de schémas intellectuels et qui étouffons dans la prison qu'ils élèvent autour de nous, le regard du poète est le bélier qui renverse ces murs et nous rend, ne serait-ce qu'un instant, le réel ; et avec le réel, une chance de vie.

(Philippe Jaccottet, L'entretien des muses, Gallimard, 1968.)

[...]

Dans le contexte du terrible conflit qui accable les habitants du pays où je vis, les Israéliens, et leurs voisins, les Palestiniens, parler peut être vu comme facile, dans la mesure où tout un chacun peut exprimer (mal) son opinion sur un sujet qu’il ne maîtrise pas et la livrer comme on crache, ou comme on expédie une brique, ou une gifle : sans état d’âme, ni arguments, accompagnée d’illustrations douteuses, et sans se soucier des conséquences. Il arrive même que seule la violence d’images décontextualisées est envoyée au visage de chacun, sans légende appropriée ou même correcte. Beaucoup de gens agissent de la sorte et fournir des efforts pour leur répondre posément est souvent inutile, car ils vous donneront un autre uppercut sans prendre le temps de réfléchir, et un autre et encore un autre. Vous sortez complètement assommée et exsangue d’un ring où l’on vous a piégée. Pour ceux qui ne connaissent que la vulgarité des crachats, parler est effectivement aisé.

On m’a demandé plusieurs fois de prêter ma voix, de donner mon opinion sur ce conflit où chaque mot publié poignarde les uns et les autres. Il semblerait qu’on apprécie le fait que je ne sois pas d’ici ou de là-bas, même si j’ai fait le choix de vivre ici, malgré les drames, les paradoxes, la folie des uns et la mort des autres. Il me faut parler de ce conflit, alors que de manière générale je doute tant des mots et de ma propre voix. Ainsi, que dire face à un sujet aussi complexe ? Je dois malgré tout dépasser ce sentiment d’impuissance et me persuader que je suis en mesure de le faire ; après tout, ne suis-je pas traductrice ? Cela n’est pas anodin, le traducteur étant à même de transmettre, d’interpréter sans (trop) trahir, de transposer dans une langue commune... Je suis poète, nomade, traductrice et par là même probablement la meilleure amie de la famille des sans-terre, comme l’avait deviné Leah Goldberg[1] :

Peut-être que seuls les oiseaux migrateurs connaissent

lorsqu’ils sont suspendus entre ciel et terre 

la douleur de deux patries 

Pour les personnes qui font attention à leurs mots, qui les soupèsent dubitativement, craintivement, douloureusement aussi, oui, pour les personnes qui ont mal à leurs mots, parler est extrêmement difficile, surtout quand il s’agit de s’exprimer sur un sujet qui est déjà tellement imbibé d’encre, de larmes et de sang. Dans un tel contexte, j’ai tendance à les économiser, car je crains qu’ils n’échouent à exprimer ce que je ressens, qu’il n’y ait pas vraiment de place pour eux, tant l’air est irrespirable. Écrire, dans un contexte pareil, c’est prendre des risques, le risque de ne pas être compris et de se faire attaquer, sur l’interprétation d’un terme, d’une phrase, d’un fait ; le risque de perdre des amis aussi, dans les tourbillons d’ombre d’une eau déjà si trouble. De fait, écrire et parler, dans ce contexte, c’est forcément prendre parti. Que peut-on dire de neuf ? Il faut rester humble et répéter des idées déjà énoncées par d’autres et dans lesquelles on croit, mais... cette dernière phrase a court-circuité mes neurones et l’ébranlement était tel que j’ai dû courir me réfugier sous la douche, sous l’eau, le seul endroit qui puisse me calmer. C’est là (et dans une piscine) que je réfléchis le mieux, que j’écris aussi, souvent, dans ma tête. Et là, ruisselante, j’ai réfléchi à toute vitesse, comme on effectue un calcul mental, sauf qu’il s’agissait d’un calcul mental très compliqué qui prenait l’apparence d’un calcul mental inoffensif. Le résultat était navrant : une fois de plus j’étais tombée dans le piège des idéologies et des raccourcis, alors que je me croyais libre et intelligente.

Dans un discours qu’il a prononcé récemment à Londres, l’écrivain israélien Amos Oz, que j’admire pour ses livres mais aussi pour son engagement politique (il milite au sein de l’organisation Shalom Arshav, « La Paix Maintenant »), a comparé ce conflit aux scènes d’une tragédie grecque, avec des personnages confrontés à des situations qui les dépassent et éventuellement les anéantit, inspirant chez les spectateurs pitié et terreur. À mon avis, on peut aller plus loin dans la comparaison. Ce conflit ressemble à une tragédie grecque dans la mesure où l’on y retrouve les deux plans séparés constitués par les acteurs sur la scène et le chœur en contrebas, dans l’orchestra. Et dans les gradins, le monde, béat ou choqué, assis plus ou moins confortablement, nous observe, en commentant à voix haute, souvent à tort et à travers, sur un ton tour à tour blasé et enflammé, troublant les acteurs et les choristes.

Vous l’avez compris, je fais partie des choristes. Nous, les choristes de cette tragédie, nous réagissons lyriquement et physiquement à l’action se déroulant au-dessus de nos têtes. Nous dansons, nous chantons, nous pleurons, nous nous arrachons les cheveux. Cependant, notre rôle dans la pièce est considéré comme secondaire par rapport à celui des acteurs, au point qu’on nous laisse de moins en moins la parole, et qu’il arrive même que le monde ne nous prête plus aucune attention, alors que nous formons la majorité dont les entrailles sont déchirées par la tragédie. Il est vrai que parfois nous avons du mal à suivre le déroulement de l’histoire et qu’il ne nous est pas toujours facile de chanter à l’unisson, parce que nous devons nous octroyer des pauses salutaires, nous devons penser à nous, penser pour nous, sans plus nous soucier des directives du coryphée (le chef de chœur). On dit alors que nous dérangeons les acteurs, on oublie que nous sommes humains. On refuse de nous écouter, alors nous nous sommes tus, nous, les choristes, la majorité silencieuse de la tragédie. Mais penser d’abord à nous et pour nous nous permet de mieux nous connaître et de mieux connaître autrui aussi, et de nous rendre compte que « l’autre » ne nous est finalement pas si étranger. Je suis sûre que quand il s’agit de leur(s) bébé(s), les jeunes mères, vers qui mes pensées vont, ont exactement les mêmes préoccupations que moi, qui suis la mère d’Orlane, une petite fille âgée d’un an et trois mois : veiller au bien-être de mon enfant coûte que coûte. Ses repas, son sommeil. Joie et calme autour d’elle. Garder la force de lui prodiguer sourires et soins. Tout ce qui empêche la réalisation de ces vœux ordinaires m’apparaît comme violent et incompréhensible.

Les guerriers enivrés par les cris du monde s’entretuent sur une scène en feu. Les éclats de leurs bombes retombent sur nos têtes. Il leur arrive aussi de nous prendre comme otages, ou pour cibles, aveuglés comme ils le sont par leurs passions destructrices. Alors se produit l’isolation du chœur pour vivre seul sa douleur, l’impossibilité de mettre des mots sur ce qui nous entoure, la crucifixion que devient toute écriture-analyse-explication. Ce mois-ci, la seule écriture qui m’était encore possible se résumait à quelques phrases partagées à la hâte sur le réseau social Facebook. C’était peut-être cette écriture neutre et blanche dont parlait Georges Perec dans W ou le souvenir d’enfance, ou cette écriture sans enchantement de langue évoquée par Antoine Emaz[2], celle « du côté de ceux qui se taisent ou qui sont réduits au silence ».

[...]

Le lendemain matin, j’ai écrit ceci sur Facebook :

Orlane est à la crèche. Je rentre du marché, m'apprête à préparer un curry pour notre ami Stefan venu nous voir d'Autriche. La radio passe des chansons en brésilien, en hébreu, en anglais, en espagnol, et au milieu des mots d'amour et de paix, la voix de l'animateur nous rappelle brusquement à la réalité (“alerte rouge à...” suivi de noms de villes). Je vais cueillir du basilic, préparer un bocal de pesto, écraser des avocats pour le guacamole, éplucher les légumes, tout en me tenant prête à courir chercher mon bébé à la crèche, et j'm'en fous moi s'ils disent qu'il faut se planquer quand la sirène retentit, je courais vers mon bébé. À part ça il fait super beau, un soleil à faire pâlir les envieux, vingt degrés au moins, et les colibris s'affairent autour de mes fleurs. Et belle journée à vous tous !

Ces phrases, comme une ancre, pour ne pas céder à la panique et à la colère, malgré l’enlisement dans une profonde tristesse (après avoir écrit sur Facebook, je me suis mise à sangloter de façon incontrôlée, et ce n’était pas à cause des oignons). S’efforcer une fois de plus d’adopter un ton enjoué, pour rassurer les amis à l’étranger ; et puis ne tentait-on pas de me persuader qu’à Tel Aviv – contrairement aux villes du sud du pays qui recevaient des missiles depuis de longs mois, jour et nuit, plusieurs fois par heure – il ne se passait rien d’alarmant, que j’avais donc de la chance ? Alors en rajouter, verser dans l’humour, comme quelqu’un qui boit pour oublier : Prévient sa voisine Evelyne que c'est pas des missiles qui tombent, c'est moi qui écrase les pignons de pin pour le pesto ! Tenter la philosophie aussi : Georges Moustaki chante en hébreu. Passe passe le temps, il n'y en a plus pour très longtemps. (Se) Prouver que tout va bien avec une photographie et sa légende : Des bocaux remplis de joie ! (pesto à l'ail et aux pignons, basilic du jardin).

En même temps, se sentir de moins en moins tranquille, comme une bête flairant la tempête imminente. Si rien de grave ne se produisait, pourquoi la sirène retentissait-elle pour ne nous donner que quatre-vingt dix secondes pour nous mettre à l’abri ? Comment évalue-t-on la gravité d’une telle situation d’ailleurs ? Situation que d’aucuns appellent du laid nom de « guerre », une syllabe qui me fait frissonner à chaque fois que je l’entends. Il me semblait que compter et comparer le nombre d’alertes, de missiles, de dégâts matériels, ou encore celui des morts et des blessés, ne pouvait pas conduire aux réponses nécessaires, puisqu’en comptant, on réduisait cette crise complexe à une compétition, et les individus qu’elle malmenait à des chiffres. Il me semblait qu’on oubliait le réel : les enfants vivants et leurs jeux, jeux qui se trouvaient interrompus plusieurs fois par jour. Oui, je me dois de le répéter, on oubliait l’essentiel, on oubliait nos enfants et la poésie de leurs jeux : la vie de nos yeux.

[...]

Le lendemain, j’essayais de me concentrer sur une traduction lorsque... Merde, sirène, Orlane est à la crèche, merde ! J’ai paniqué, je me suis élancée vers la porte, je voulais courir vers mon bébé, je ne trouvais pas mes clefs, j’ai tourné en rond, ma bouche criait silencieusement. Mon téléphone portable a sonné, c’était Dror, il avait lu dans mes pensées, il m’a intimé de descendre à l’abri, de ne pas en bouger pendant dix minutes, puis d’appeler la crèche pour vérifier que tout allait bien. À la crèche, ils n’ont pas d’abri, il n’y en a pas non plus dans les immeubles qui l’entourent. L’abri le plus proche est de l’autre côté de la rue. Il est impossible de s’y rendre en moins de quatre-vingt dix secondes avec une vingtaine d’enfants en bas âge. Le directeur de la crèche a rassemblé les enfants dans la pièce du milieu, celle qui n’a que deux murs donnant sur l’extérieur au lieu de trois comme les deux autres pièces (la crèche occupe une petite maison de plain pied), il a allumé la musique et les a fait chanter et danser. Il aura ma reconnaissance éternelle pour cela.

Le soir, à nouveau :

Il y a quarante minutes, la sirène, que je n'étais pas sûre d'avoir entendue, à cause de l'eau du bain qui coulait. Il nous restait cinq secondes à Orlane et moi pour foncer dans l'abri. Pauvre Orlane, l'arracher à ses jeux, la sortir du bain en catastrophe, pleine de savon, de shampoing. Puis l'explosion, l'attente incertaine. Dire qu'on n'en peut plus ne veut rien dire, parce qu'on sait bien que ce n'est rien, ce qui se passe ici à Tel Aviv, rien du tout, et puis il faut s'occuper de bébé, la sauver de tout ça, alors les nerfs, ils doivent tenir. Tenir bébé.

Mes nerfs ne tenaient plus à rien, mais ils devaient porter mon bébé, alors j’ai fait une ultime tentative pour me réfugier dans la poésie, j’ai regardé la mer, recopié des vers d’Antoine Emaz (sa langue dépouillée me rassérène), « pour être un peu au large »[3]. Peine perdue. J’ai écrit sur Facebook :

Ça et bien d'autres choses ne devraient pas exister, et pourtant non seulement elles existent, elles ont existé, mais elles continuent à exister aussi ; ça se répète, ici, ailleurs, ça prend des formes différentes mais ça reste toujours ça, invivable théoriquement, mais à vivre quand même. Pourquoi ? Le genre de question qui me rend folle, me fait pleurer pendant des jours, fuir mes semblables plombés de haine et de préjugés. Mais la foi en l'autre reprend le dessus, et c'est uniquement grâce aux enfants.

J’ai ajouté ceci :

Et pendant ce temps, les massacres continuent en Syrie et ailleurs, et les armes et missiles iraniens transitent par l’Égypte en attendant de tomber sur la tête de nos enfants, mais qu'est-ce qu'on s'en fiche hein, on veut la “paix”. Bonne journée à vous aussi. *%$##*&^@$*& !!!

La colère menaçait de me noyer, je n’y voyais plus clair. Assourdie par le vacarme environnant, je ne savais plus qui croire, que croire, que faire, parler, me taire, rester, partir ? Et les « informations » fusaient. Les journaux, la télévision et Facebook étaient devenus les poubelles du monde assis dans les gradins en mal de divertissement. Ma messagerie privée subissait également la puanteur des ordures, alors que je me disais justement qu’heureusement que j’avais l’email, et Facebook, heureusement qu’on restait en contact avec moi, que de nombreuses personnes, que je connaissais, mais aussi d’autres que je ne connaissais pas, se révélaient, présentes, respectueuses, généreuses, qu’elles savaient veiller de loin, sur moi, sur ma santé mentale, parce qu’il était clair que je n’étais pas si forte que ça, beaucoup moins forte que ça. Des lâches se sont répandus en invectives contre moi (par derrière, en messagerie privée) : je romançais, je poétisais, je prenais certaines choses à la légère, ou je les passais sous silence, ou j’en faisais trop, ou pas assez, j’étais aveugle, pas objective, manipulatrice, et même une nazie. Les serres des idéologies se refermaient impitoyablement sur moi.

Au moment où je sentais ma raison s’échapper, des textes d’un autre genre ont commencé à me parvenir : des poèmes inspirés de mes billets partagés sur Facebook. Forts, tendres, profonds et pleins d’humanité, ils m’ont remise sur la voie de l’écriture poétique[4]. Ne pas abandonner la recherche à tâtons. Reprendre timidement d’abord, comme une convalescente, en anglais parce que quand mon cœur déborde, il déborde en anglais. Puis traduire en français, même si on traduit mal, dans l’urgence, l’angoisse au ventre, avec la peur que la sirène ne nous surprenne.

[...]

© Sabine Huynh, 2013



Ce texte présente les extraits d’un texte publié en deux parties dans le numéro d’hiver 2012 de la revue littéraire en ligne Remue.net, au sein de la section « cahier de création ».

Sommaire de Remue.net pour l’hiver 2012 : http://remue.net/spip.php?rubrique607

La vie de nos yeux (1) http://remue.net/spip.php?article5591

La vie de nos yeux (2) http://remue.net/spip.php?article5592



[1] Leah Golberg, extrait du poème « Un pin », trad. française de l’hébreu : Esther Orner.

[2] Antoine Emaz, entretien dans Scherzo, 12-13, 2001.

[3] Antoine Emaz, Pour mémoire, sur des collages de Daniel Lacomme, dans : “Dialogues autour de la peinture 2, autour des œuvres de Daniel Lacomme”, revue Propos de campagne 17, 2008.

[4] Un poème de Roselyne Sibille :

Le basilic sur le balcon

L'enfant babille dans le bain

L'odeur d'un gâteau encore chaud

Je casserai les pignons pour faire le pesto

Sirène Quatre vingt dix secondes pour rejoindre l'abri

jetée vers toi vers moi tes yeux

t'attraper menue mouillée

te jeter sur moi sur toi mes yeux

t'envelopper courir haché le cœur

claquer la porte blindée

Explosion

Un poème de Cécile Guivarch :

elle fait un gâteau va au jardin prépare des bocaux de pesto
elle est la mère qu’il faut pour l’enfant se réveillant la nuit
rien ne saurait dire tout ce qui tombe sur sa vie à l’extérieur
à la lire à lui écrire ça me déclenche des bruits dans la tête
aucun abri pour se cacher de ce qui déborde du cœur

 

 

 

 

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Patrick Froehlich, extrait d'Avant tout ne pas nuire

— On ne va pas s’encombrer d’une anesthésie pour un geste aussi simple. On peut s’en dispenser dans un quart des opérations chez le bébé.

J’acquiesce. Mon visage, derrière le masque chirurgical efficace pour absorber les vapeurs alcooliques résiduelles de la nuit, mime celui de l’enfant qui ne se taira donc pas tant que l’opération n’est pas terminée.

— S’il avait quatre ans, on ne dit pas, mais à six mois ou trois mois.

J’acquiesce à l’autorité que je désapprouve. Les animaux de laboratoire sur lesquels je m’entraîne à opérer sont mieux traités.
Je contrôle le bas de mon visage, le front au-dessus du masque reste plissé.

— Et il ne pourra pas rapporter à ses parents, affirme l’enseignant qui a connu la guerre à Lyon, qui y a vécu enfant, pendant que Klaus Barbie sévissait.

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